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déc
23

Que penser des voitures « low cost » ?

Voitures-lowcost La voiture dite « low cost », dans la mouvance de Dacia Renault, attire un public croissant, car elle correspond à une nouvelle façon d’envisager la consommation : pouvoir d’achat réduit, déplacements moins fréquents car polluants et coûteux, et souhait d’acheter un bien « utilitaire » au prix le plus bas. Mais ces voitures sont-elles vraiment de bonnes affaires ? Le point en quelques lignes.

On se souvient encore du raz-de-marée produit par la sortie de la Dacia Logan, en 2004. Nombreux étaient ceux qui annonçaient déjà la chute de ce concept : un véhicule si peu équipé, si peu « designé », ne pourrait jamais plaire au public des pays développés. Mais Renault y a vu une manne potentielle et ne s’y est pas trompé : en 2008 et 2009, la marque française a pu amortir la crise grâce à ces modèles à bas prix, qui ont connu une croissance de leurs ventes de 40%. Face au succès, la gamme s’est déployée avec la Sandero, puis le Duster, ce SUV qui surprend vraiment par ses lignes réussies, qui ne dénotent pas aux côtés des concurrents de la même gamme.



Les bonnes économies

Mais qu’est-ce qui pousse les consommateurs à opter pour ces véhicules ? Le prix tout d’abord, bien évidemment. Le Duster, par exemple, coûte moins de 12 000 euros, alors que ses concurrents sont accessibles moyennant une rallonge d’au moins 10 000 euros… Mais est-ce au détriment de la qualité ? Il semble que non. Les constructeurs jouent, en fait, avec d’autres leviers : les modèles sont bâtis à partir de produits déjà existants (pas de frais de Recherche & Développement) et les équipements et options sont réduits à leur minimum, pour optimiser les coûts. Résultat : ils obtiennent un véhicule qui satisfait tout de même toutes les exigences de sécurité et de fonctionnalité, pour 50% moins cher (avec 20% d’équipements en moins). Par ailleurs, la simplicité de construction a un impact positif sur les coûts d’entretien, la maintenance devenant plus simple et rapide ; et sur la fiabilité. UFC Que Choisir a relevé dans son enquête publiée en Janvier 2010, que Dacia arrivait en 3e place des marques les plus fiables avec un indice de 92.61 derrière les Japonais Daihatsu et Lexus (Toyota). Dacia arrivait enfin largement en tête sur le critère « entretien et réparation » avec une dépense annuelle de 130 euros contre 229 et 230 euros pour les suivantes : Mazda et Ford.

Contexte favorable

Nous citons ici Dacia, mais d’autres modèles de constructeurs ont eu aussi le vent en poupe ces derniers temps, comme Chevrolet (avec l’Aveo et la Matiz), ou encore Suzuki, avec son Alto. Les consommateurs sont avides de véhicules qui leur permettent de se déplacer, tout simplement, et ce en occasionnant le moins de frais possibles. Le coût du carburant, l’impact sur l’environnement… Tout ceci profite aux petits véhicules, qui apparaissent comme plus « raisonnables ». Cetelem a réalisé une enquête auprès de 3600 européens dans six pays (Observatoire 2010) qui révèle que 68% d’entre eux acceptent l’idée de s’en tenir à l’essentiel, en éliminant les dépenses inutiles. 18% de Français déclarent être prêt à acheter un véhicule « low-cost » (contre 5% en 2006). Et plus de 51% des Français interrogés pensent devoir encore limiter leurs déplacements pour abaisser la facture de carburant : de l’eau à apporter au moulin des voitures low cost.

Une bonne affaire ?

Au regard de ce que l’on vient de décrire, rien ne s’oppose à considérer que ces véhicules puissent être de bonnes affaires. Ils correspondent à une mouvance, un besoin de retourner à l’essentiel et de limiter le superflu, source de dépenses inutiles. Le critère « sécurité » étant respecté, ces voitures ont tout pour plaire… À condition tout de même de sacrifier un peu le confort auquel les autres constructeurs nous ont habitué. Au final, les ventes révèlent que les acheteurs ont tendance à gonfler un peu la note d’achat de leurs véhicules, en rajoutant quelques options. Les Dacia Logan proposées à 7 500 euros en France se sont très peu vendues, le prix moyen se situant plutôt autour de 10 ou 11 000 euros. Le Duster à 11 900 euros est lui aussi « boosté » mais, même avec quelques suppléments, il reste tout de même très intéressant au regard des prix de la concurrence. Finalement, il appartient à chacun de considérer si, oui ou non, ces véhicules sont une bonne affaire : tout est fonction de notre propre niveau d’exigence en matière de confort et de plaisir. Sachez, en tout cas, que ces véhicules sont fiables et fonctionnels.



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